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MEC: Chapitre 21

8 juillet 2011

Voici la suite attendue par plusieurs d’entre vous. J’ai mis du temps mais sachez que le prochain chapitre sera posté la semaine prochaine. Celui-ci étant un chapitre que j’ai oublié de poster vu que je n’avais pas de lecteur et je viens seulement de m’en rendre compte.

Un grand merci à Brindille et à Rhode pour m’avoir ramené des lecteurs. Et donc merci à MawiieBettyAdrii d’avoir laissé une trace de leur passage, ça m’a fait très plaisir. Les suites devraient être plus fréquentes vu que je suis diplômée et donc plus de mémoire à écrire. Par contre, la recherche d’emploi va commencer.

Bonne lecture.

Chapitre 21.

- Arrête tout de suite.

- J’en ai marre que tu me caches tout

- Je ne te cache pas tout, tu vas arrêter oui !

- Je veux savoir Kyle.

- Je ne te dirai rien, il n’y a rien à savoir de plus!

Il m’énerve quand il comme ça. Je ne veux rien lui dire. Il le comprenait l’année dernière. Enfin avant que je reste cloué plus d’une semaine au lit. Après, il a commencé à avoir des doutes quand je lui disais que tout allait bien, que ça n’avait pas eu d’incidence sur le virus. Et à partir de là, régulièrement, quand je vais chercher mes résultats sanguin chez Nugman pour être exact, c’est toujours le même scénario : « Alors qu’est-ce qu’il a dit ? », « T’es sûr que tes CD4 sont stables ? », « Et ta charge virale ? ». Non, mais il veut que je crève qu’il est persuadé que j’ai quelque chose ? Et j’ai beau lui répété que je n’ai rien, que ce n’est pas pour cette fois-ci, la pseudo discussion se finit en dispute et je claque la porte. Comme maintenant. Je préfère partir, fuir selon Romain, que d’envenimer la chose et que je finisse par dire des paroles que je ne pense pas. S’il y a bien un truc que je déteste, c’est quand il n’a pas confiance en moi. Dans ces moments là, je pourrai dire des paroles que je ne pense pas juste pour lui faire mal. Parce que le fait qu’il ne me fasse pas confiance, ça, ça me fait mal. Dix ans que nous sommes ensemble, bientôt onze, et il arrive encore à ne pas me croire. Surtout quand il s’agit du HIV. Il m’énerve. Je suis vraiment sur les nerfs aujourd’hui. C’est pire que d’habitude. Je suis dans la voiture, les mains sur le volant et je souffle un bon coup. Quand je vois la porte de la maison s’ouvrir, je démarre d’un coup la voiture et m’en vais sur les chapeaux de roues. Je n’ai pas du tout envie de continuer cette discussion devant tous les voisins. Je sais déjà où je vais. Chez Seb. Comme d’habitude dans ces cas-là. Heureusement, c’est presque devenu une routine pour lui. Et sa petite femme. Tous les trois mois, je débarque sur les nerfs et quand je repars je suis de nouveau zen. J’évite autant que possible d’étaler mes problèmes au gens. Ils ont assez des leurs pour se coltiner les miens. C’est bien pour ça que quand je suis chez Seb, je ne parle de rien. Le petit Gaétan me divertit assez pour oublier ce qu’il se passe avec l’autre idiot.

- On t’attendait.

- Oh, ça va, hein.

Quel idiot aussi celui-là. Avec son petit sourire en plus. Il y en a au moins un de nous deux que ça amuse. En même temps, il sait que quand je vais rentrer tout sera réglé et qu’on fera comme si de rien n’était. Et c’est bien là le problème.

- Allez, rentre. Reste pas dehors.

A peine ai-je mis un pied à l’intérieur, qu’un petit blond arrive cahin-caha en tendant les bras vers moi.

- Yon-yon

- Coucou petit bonhomme

- Yomm

En moins d’une minute, il a réussi à me rendre le sourire. J’enlève ma veste et prend le petit qui tend toujours ses bras vers moi.

- Alors, tu fuis encore ta maison ?

- Sèèb…

- Quoi ? c’est vrai non ?

- Non, j’ai juste pas envie de me prendre la tête.

- Et tu viens me voir du coup.

- Je peux repartir si tu veux y a pas de problème

- Ouai, t’es vraiment de mauvaise humeur

- Faut croire.

Je soupire. Je rentre plus franchement dans le salon que je m’apprêtais à quitter et vais faire mumuse avec Gaétan qui est grand demandeur. J’ai l’impression de retourner en enfance avec ce gosse. Il est là en train de faire des grimaces et à balbutier. Il s’amuse à pincer mon visage et à tripatouiller dans mes cheveux. Ensuite, il descend de mes genoux pour aller me chercher un jouet, nouveau sans doute. Et c’est parti pour la démonstration de ce fabuleux objet. Bruyant certes. Mais au moins je ne pense à rien d’autre. Par contre, une heure ça va mais tous les jours je ne pourrai pas. J’ai besoin de calme. Et puis, je n’ai pas les nerfs. J’ai déjà passé une nuit ici quand le môme avait quoi, trois mois ? J’ai cru que j’allais péter une durite. Même avec les boules Quiès, je l’entendais pleurer. Non, hurler. Je me demande comment Mélanie tient le coup.

- Alors, qu’est-ce qu’il s’est passé cette fois ?

- Comme d’habitude.

- Encore !

J’hausse bêtement les épaules. Qu’est-ce qu’il veut que je dise ? Oui, on se dispute toujours pour la même connerie. Romain ne veut pas lâcher le morceau. Il veut avoir le dernier mot. Moi aussi. C’est bien là le fond du problème. Chacun reste campé sur ses positions. Aucun n’en démord. Têtus comme des mules quoi !

- Kyle

- Je sais Seb.

- Non, tu ne sais pas. Sinon tu s’rais pas ici.

Un silence supplémentaire. J’ai l’impression que Sébastien à décider de me remettre les pendules à l’heure aujourd’hui. Et j’avoue, j’ai tout sauf envie de ça.

- Faudrait que vous mettiez les points sur les i.

- Ca a déjà été fait.

- Oui et vous ne vous êtes pas mis d’accord

- Si !

- Non. Sinon tu ne serais pas ici et Romain en train de se morfondre chez toi.

- Tu peux pas comprendre

- Ca c’est toi qui le dis Kyle

- Yon-yon

- Oui bonhomme ?

- Zoue ?

Je m’installe par terre pendant que Gaétan va cherche une petite balle en mousse. J’ignore complètement son père qui je sens me foudroie du regard. Le petit bout revient et s’installe devant moi avec ses petites jambes écartées. Il fait rouler la balle vers moi gentiment et je lui renvoie.

- Pourquoi tu ne veux rien lui dire ?

Apparemment, ce n’est pas parce que je joue avec son fils que je vais échapper à l’interrogatoire introspectif. Introspectif car je sais qu’il ne se contentera pas de réponses toutes faites et qu’il va certainement me pousser dans mes retranchements pour trouver les pourquoi du comment. Alors, à la place de jouer à l’autruche, de faire comme si je n’entendais pas, je préfère m’y soumettre directement. Ca sera plus simple.

- Il est médecin.

- Et alors ? C’est quoi le problème ? c’est plutôt positif non ?

- Je veux pas voir sur son visage que je vais être condamné quand les résultats ne seront pas bons.

Je l’entends soupirer. Pathétique. Oui, je sais. Je suis pathétique. Je ne suis pas courageux. Je sais. Je suis égoïste. Je ne veux pas avoir mal. Et tant pis si ça lui mal à lui.

- Kyle, tu n’es pas condamné. Et d’après ce que tu me racontes, tu en es loin.

- Mais un jour je le serai.

- Ca tu ne le sais pas.

- Seb, tu le sais aussi bien que moi que ça ne durera pas. J’y ai échappé l’année dernière je ne sais comment. Mais aux prochains microbes, le risque augmente.

Je rattrape la balle que le petit bout lance. Il a décidé que la faire rouler était bien trop ennuyeux. Heureusement, il ne l’envoie pas n’importe où. Pour le moment. Mais je suis sûr que dans quelques minutes ça sera légèrement plus sportif.

- Ce n’est pas une raison…

- Je ne veux pas de son regard plein de compassion. Je ne veux pas qu’il me voit comme un mourant. Et puis, ce n’est pas comme si je lui mentais.

- Encore heureux !

- Mais qu’il arrête de toujours vouloir tout savoir.

- Tu ne peux pas lui reprocher de s’inquiéter

- Mais tout va bien ! Y a pas de quoi s’inquiéter !

- Il a sûrement peur que tu lui caches des trucs.

- Ben s’il a pas confiance en moi, il a cas prendre la porte

- Ca fait combien de temps ? Dix ans ? Et tu vas balayer ça comme ça ?

- Ca date pas d’aujourd’hui. Ca fait un mois qui remet tout en question. Et s’il me fait plus confiance…

- Ce n’est pas une question de confiance. Il a peur Kyle !

- Mais peur de quoi ! C’est pas lui qui va crever à ce que je sache !

- Arrête de faire celui qui ne comprend pas.

Jeu de dupes : raté. Je ne suis pas encore si bête que ça. Je sais bien qu’il a peur. Enfin je m’en doute. Mais si je lui dis que je vais bien, c’est que je vais bien. Si ça allait mal, je lui dirai. Sûrement. Je ne suis pas encore dans cette situation. Mais toujours est-il que je suis en « bonne santé » et que mon compagnon ne me croit absolument pas. Alors, oui, j’avoue, ça me prend la tête. Parce que je me sens trahi. Il a beau avoir peur, je ne comprend pas pourquoi il ne me croit pas.

- Hey doucement petit monstre.

Gaétan arrête de lancer la balle et vient s’installer d’autorité entre mes bras.

- Je crois qu’il fatigue.

- On dirait ouai. Et il a pas l’air de vouloir te lâcher non plus.

- Laisse, il me dérange pas. Il est apaisant quand il est comme ça

- Effet catalyseur.

- Si tu l’dis…

Il commence à frotter ses yeux. Je regarde l’heure et me rends compte qu’en réalité c’est l’heure de sa sieste. Quand je suis arrivé, il devait avoir fini de manger. Mais il a voulu profiter de son tonton comme il dit. Il a lutté mais le sommeil commence à l’emporter peu à peu. D’ailleurs, il pèse de plus en plus lourd dans mes bras.

- Vous devriez en parler tu sais.

- C’est déjà fait Seb. On en a déjà parlé mais apparemment ça ne convient plus à monsieur.

- Vous n’avez pas parlé. Il a dit ce qu’il pensait, tu en as fait de même et ça s’est arrêté là car vous n’étiez pas d’accord. J’ai raison ?

- …

- Je parie que vous vous êtes même disputé. Ce que vous faites de mieux quand vous n’êtes pas d’accord.

- Ne viens pas me donner de leçon ! Tu n’es pas mieux, loin de là !

Je sens que si on continue comme ça, on va partir sur un terrain glissant. Miné même. J’ai tout sauf envie de me disputer avec lui. Par pour des conneries pareilles. Parce que ce qu’on va se dire ne pourront être que des conneries et rien de bon n’en ressortira. Alors autant éviter.

- Ce n’est pas de moi dont on parle. Ce n’est pas moi qui ai des problèmes de couple.

- Parce que toi non peut-être.

- Là n’est pas la question Kyle.

- Oui on s’est disputé ce jour là ! tu es content ? J’ai même fini par dormir sur le canapé et on ne s’est pas parlé pendant près d’une semaine.

- Ha quand même

- Oui… quand même.

Le petit a sursauté quand j’ai haussé la voix mais il continue de dormir. Comme un bien heureux. Se foutant des problèmes du monde. Se foutant de mes problèmes. Que j’aimerai retourner à ce temps là où tout n’était qu’insouciance. Manger, boire et dormir. C’était la belle vie. Et une plus on grandi, plus on se crée et plus on voit des problèmes là où il n’y en avait pas. Là où il n’y en a pas.

- Vous devriez en reparler.

- Pour qu’on se prenne la tête comme aujourd’hui ? Non, merci.

- Vous êtes deux adultes vous devriez être capable de vous parler et non de crier.

- Et c’est toi qui dis ça.

- Kyyyle.

- Ca va… ça va

Juste à son regard je sais que j’ai intérêt à faire ce qu’il me dit. Mais rien que de penser à cette future discussion… Je préfère rester ici. Ou aller chez mes parents limite. Parce que je sens que c’est une future prise de tête qui m’attend. Et j’ai tout sauf envie de me prendre la tête. Surtout que c’est le week-end. Je sais ce n’est pas une bonne excuse. Mais je peux m’en servir. Mais alors, on ne s’en sortira pas car la semaine, nous travaillons tard et se prendre la tête le soir… non merci. En conclusion ce n’est jamais le moment. Enfin, comme me le dirait Seb « c’est pas pour un week-end de perdu ».

- T’as p’t-être bien raison.

- Mais bien sûr que j’ai raison, la question ne se pose même pas !

- Tu n’as pas changé

- Bien sûr que si. Sinon je n’aurai pas une femme et Gaétan. D’ailleurs, donne je vais aller le mettre au lit sinon Mélanie va encore râler.

- Je devrais y aller.

- Tu peux encore rester un peu si tu veux.

- Tu voudrais que je reporte encore le moment fatidique ?

- Je sais très bien que tu ne feras rien aujourd’hui.

- J’ai pas le choix. Si je l’fais pas aujourd’hui, je ne le ferai pas du tout. Et si on continue comme ça, on va plus tenir longtemps.

- C’est à ce point ?

- Oui. J’en peux plus. Ca fait un mois qu’il me tanne avec ça. Ca fait un mois qu’il cherche à savoir. Savoir quoi ? je ne sais pas vu que je ne lui mens pas. Un mois qu’il cherche la petite bête.

- Plus vite ça sera mis au point mieux ça sera.

- Moui. Tu m’accueilles si ça se passe pas bien parce que le canapé est pas confortable.

- Pars pas comme ça déjà

- T’as vachement mûri

- Euh…c’est quoi le rapport ?

- Aucun, je me faisais la réflexion.

- Allez, rentre chez toi et parlez.

- D’accord papa.

- Papa ?

- Oui, maman c’est Romain. Tu te doutes bien.

- T’es con.

Je dépose un baiser sur la tête du petit monstre qui se trouve dans les bras de son père et j’en profite pour faire de même à mon meilleur ami.

- A ce soir alors

- SI tu veux, la porte est ouverte

- Y fait ses nuits maintenant, hein ?

Un éclat de rire de sa part retentit mais il le retient vite pour ne pas réveiller le petit bout. A la place, il secoue la tête. J’ouvre la porte et m’échappe. Bien vite le sourire que j’avais s’envole. Je vais devoir affronter la froideur de Romain. Supporter une discussion même si je sais d’avance qu’elle ne mènera à rien. Qu’elle va peut-être même empirer les choses. Y a des jours où on ferait mieux de rester dans son lit. Et aujourd’hui, c’était un jour à rester dans mon lit.

A suivre…

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Mensonges et conséquences: chapitre 20

31 janvier 2011

Sale nuit. Et elle n’est même pas finie ! J’ai mal au ventre, j’ai chaud. Puis j’ai froid. Je suis sorti du lit, j’ai préféré laisser dormir Romain. En attendant je suis dans le canapé, recroquevillé sur moi-même tellement je grelotte. J’ai été cherché une couverture mais c’est comme si elle était inexistante sur mon corps. J’ai l’impression que je vais vomir. Mon impression se transforme vite en envie. Du coup, je me lève tel un ressort pour atteindre au plus vite la toilette et remettre le repas que j’ai mangé au soir. Et je n’arrête pas, on dirait que la machine est lancée et que le bouton stop est en panne. Je prends du papier toilette et j’essuie ma bouche. J’ai chaud. Je m’allonge sur le carrelage froid, je frissonne mais ça me fait du bien. J’ai un sal goût en bouche : c’est amer, c’est dégueulasse mais je n’ai ni l’envie ni la force de me relever. Je suis épuisé. Je  veux dormir. D’ailleurs mes yeux commencent à se fermer mais déjà une remontée acide fait son apparition. Je me redresse mais ce n’est que la bile gastrique. J’ai la gorge en feu. C’est dans ces moments là que je voudrai mourir. Enfin, façon de parler. Je suis en nage. La tête appuyée sur la cuvette, en caleçon, par terre, les bras ballant. C’est comme ça que Romain me trouve en entrant dans la pièce. Pitoyable. Vraiment

-            Kyle ? Qu’est-ce tu fous là ?

-            Je voulais voir si notre toilette était vraiment propre. Et je voulais vérifier sa beauté de plus près !

Idiot. Mais qu’est ce qu’il peut être bête parfois. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre avec la tête dans le WC à part dégueuler. Je sens  sa main passer sur ma joue en une douce caresse.

-            Pourquoi tu m’as pas réveillé idiot ?

-            Pour que tu me tiennes la main pendant que je remets mes tripes ?

Sa main s’en va et il se redresse. J’entends quelques secondes après l’eau couler. Je n’ai même pas la force de tourner la tête pour voir ce qu’il fait. Mais en sentant un gant d’eau froide venir se poser sur mon front, je comprends que Romain à décider de prendre soin de moi. Ca me fait un bien fou. Le gant descend  et vient essuyer ma bouche.

-            Allez, viens

-            Je veux pas bouger

Je sens des bras passer en-dessous des miens pour me tirer vers le haut. Je pourrais ne pas y mettre du mien mais je sens que Romain ne l’apprécierait pas. Alors je pousse sur mes jambes et m’appuie contre lui.

-            Merci

-            Allez, vient passer un peu d’eau sur ton visage et au lit

-            Oui, maman

Il secoue la tête et sourit en coin avant de déposer un baiser sur ma joue en sueur. J’ouvre le robinet et éclabousse mon visage d’eau tiède avant d’éponger mon visage et de m’appuyer contre l’évier.

-            Mais qu’est-ce que j’ai ?

-            Sûrement une grippe.

-            Un grippe ça ? T’es certain d’être médecin ?

-            Une grippe… mais qui est plus poussée que la normale à cause du VIH

Je l’avais presque oublié celui-là. En neuf ans, j’ai eu la chance de ne rien avoir mis à part des petits rhumes, qui me mettaient chaos une semaine soit, mais là, je n’ai jamais eu ça. Je me rappelle ce que Romain, ou plutôt Docteur Lussac, m’avait dit lors d’un de nos entretien : un rhume chez moi sera plus fort que la normale mais si je me choppe une grippe de base, je pourrais avoir droit à une pneumonie. Pour l’instant, je n’y suis pas encore mais ça pourrait très vite le devenir. Je suis au stade de la grippe genre gastro mais j’espère que je ne  me choperai pas la pneumonie. J’aurai très peu de chance de ne pas développer le sida. Je me dirige dans notre chambre et me tape dans les couvertures. Romain, lui, ne reste pas et je l’entends partir dans une autre pièce. J’ai chaud. Je rejette les couvertures. Je frissonne sous l’air frais qui vient se glisser entre mes vêtements. Mais si je remets les couvertures, je vais de nouveau avoir chaud, je vais donc retirer une fois de plus les couvertures pour les remettre aussitôt. Une chaîne sans fin. Mais comment j’ai été me choper ce truc, bon sang ! Je fais toujours super gaffe à rester loin des microbes. D’ailleurs, une fois que quelqu’un est malade au bureau, je m’isole complètement de cette personne. C’est grâce à ça que je n’ai pas été malade pendant tout ce temps. Et en plus, il a fallu que je tombe malade maintenant alors que le boss allait désigner son nouvel associé. Je sais que Caith part grand favori mais j’ai toutes mes chances aussi. Mine de rien, nous avons gravi les échelons ensemble. Mais, là, nos chemins vont commencer à se séparer. Enfin, juste professionnellement parce depuis le fameux dîner où il nous a présenté Bastien, on est ce que l’on peut appeler ami. Ils ont subi une grosse crise de couple à cause de laquelle ils se sont séparés pendant je pense bien six mois. Une période que Caith a mal vécu, il s’est plongé comme jamais dans le travail. Ca lui a valu les félicitations du boss. Mais quel con, je vous jure celui-là. Mais au final, par je ne sais quel miracle, ils se sont remis ensemble. Bastien est venu chercher par la peau du dos Caith au bureau, en disant que ça avait assez duré. Ne me demandez pas ce qui s’est passé parce que je n’en sais rien malgré que Caith soit un ami, il n’a jamais voulu me dire le fin mot de l’histoire. Je pense qu’il en avait honte. Ce qui me fait supposer qu’il a peut-être trompé Bastien. Mais ça m’étonnerai de la part de mon cher collègue et ami. Ce n’est pas son genre mais en même temps on ne connait jamais réellement les gens. Bref, le principal est qu’ils sont heureux ensemble et que tout va comme sur des roulettes. D’ailleurs, il faut que je pense à annuler le dîner de demain avec eux deux. J’entends les pas de mon compagnon dans le couloir, il apparaît à la porte avec tout son attirail de médecin et un plateau avec un bon, ou pas, mug fumant.

-            Tiens, bois ça, ca te fera du bien

La tasse est bouillante, une vapeur s’y échappe, j’y trempe mes lèvres et fais une sale grimace. Il me donne toujours ça quand je m’affaiblis, à chaque fois je fais la même grimace et chaque fois je lui rétorque :

-            C’est dégueulasse ton truc !

-            Je sais mais ça te fera du bien, comme toujours

-            Ca n’empêche que c’est imbuvable !

-            Arrête de faire ton enfant Kyle et bois

-            Oui maman.

Je souffle sur le liquide pour le refroidir ne serait-ce qu’un peu. J’y retrempe mes lèvres mais je n’arrive pas à boire ce truc. Mais le regard de Romain me fait comprendre que j’ai intérêt à me dépêcher. J’inspire un grand coup pour retenir ma respiration pour boire cette infâme chose. Quand je finis, j’ai comme une envie de vomir mais heureusement rien ne vient. Je tends la tasse à Romain, qui est assis au pied du lit, en souriant. Un sourire sincère pour le remercier. Mais un brin hypocrite quand même dans le genre « t’as vu je l’ai bu ta mixture ».

-            Allonge-toi que je t’examine un peu.

-            Je ne pense pas que je suis apte à jouer au docteur, cœur.

Un éclat de rire retentit et je ne peux empêcher de laisser filtrer un sourire. Il ouvre sa trousse et c’est parti pour le check-up avec la tension et tout le tralala. Conclusion :

-            On appellera le docteur Nugmann demain à la première heure pour qu’il te prescrive un traitement adapté.

-            Et tu peux pas le faire toi ?

-            Je suis pas ton médecin et il saura quoi faire, il est censé connaître mieux ton cas que moi vu que tu ne me dis rien de tes résultats.

-            Ha ça va…

Et voilà, il arrive à me la ressortir celle-là. Je ne veux pas qu’ils voient mes analyses. Pas que je veuille lui cacher des choses. Loin de là. Mais je ne veux pas voir dans son regard de l’inquiétude si un résultat n’est pas terrible. Alors, je lui dis ce qu’il y a à savoir c’est-à-dire que je vais très bien. Ce qui est vrai. Mais je doute qu’après cette maladie, mes résultats soient bons. Saloperie de système immunitaire. Enfin, pour l’instant j’ai tenu neuf ans, j’en tiendrais peut-être encore autant. Pour une fois, je suis partisan de l’optimisme, ça m’a assez bien réussi jusqu’ici.

-            Essaie de dormir maintenant.

-            J’ai chaud

-            Enlève la couverture alors.

-            Oui mais alors j’ai froid.

-            Et bien… enlève le pyjama.

-            Mais je vais geler

-            Remets ta couverture andouille

Je remonte les couvertures et je meurs déjà de chaud. Du coup, je tombe le pyjama en me tortillant dans le lit.

-            J’ai moins chaud.

-            Kyle, on dirait un vrai gamin.

Je me tais. Me renfrogne, serait plus exacte et je lui tourne le dos. Je sens que ça travaille encore dans mon ventre. Je prie pour que je ne doive plus courir jusqu’à la cuvette. Normalement, avec ce que j’ai pris ça devrait aller. J’espère. Je sens le lit s’affaisser devant moi et un courant d’air me fait une fois de plus frissonner quand il entre dans les couvertures.

-            Viens là

Ses bras s’ouvrent et je m’y blottis pour trouver un peu plus de chaleur.

-            Tu vas attraper mes microbes.

-            Pas grave, t’iras chez tes parents quand tu iras mieux. Ou chez Seb.

-            Ha non pas chez Seb, j’ai pas envie de me taper des nuits blanches avec son gosse.

-            Oui, vaut mieux papa et maman, sinon tu vas me revenir sur les nerfs.

-            Hm.

Je commence enfin à sentir le sommeil m’envahir et c’est avec plaisir que je le laisse me conquérir pour les quelques prochaines heures.

 

Le lendemain c’est Romain qui me réveille car le docteur Nugman est déjà là. Je regarde le réveil, il est neuf heures. J’ai dormi cinq heures. Mais je suis en sueur. Les draps me collent à la peau. Mais j’ai dormi, c’est l’essentiel pour l’instant. Le médecin entre dans la chambre sans que je n’ai pu enfiler un pantalon de pyjama. Et c’est parti pour toute une série d’examens. Conclusion : grosse grippe. Et plusieurs médicaments à prendre matin et soir. Il faut combattre le virus le plus rapidement possible pour pas que ne je ne m’affaiblisse trop et que le HIV en profite pour se développer. En attendant, Romain est au petit soin pour moi et a demandé sa journée même si je lui ai dis que ça ne servait à rien. Je vais certainement passer ma journée entre la toilette et le lit. Mais monsieur a insisté pour rester. S’il veut avoir en cadeaux mes microbes, je ne vais pas le mettre à la porte.

-            Tu veux quelque chose ?

-            Tu te rends compte que je pourrai abuser de toi ?

-            T’es pas en état, tu l’as dis

-             Non mais je pourrais être vraiment chiant, très chiant.

-            Je n’en doute pas une seconde.

-            Ca aurait été moi à ta place, tu serais chez ta mère… Et tu aurais eu raison

-            J’aurai pas eu le choix, tu m’aurais mis à la porte.

-            T’as pas tord.

Et sur ces entre-faits, je me dirige ni une ni deux à la toilette. Mon but ? Vomir dans la cuvette et pas dans le couloir. Je manque de tomber en glissant sur le carrelage mais grâce à mon excellent équilibre je me rattrape et arrive à destination in extremis. Et c’est reparti pour un tour. Je n’ai rien dans le ventre, alors ce qui passe ce n’est rien d’autre que de la bile. Ca fait mal. J’ai la gorge en feu. Je redresse et vais au lavabo pour tenter de faire partir ce goût amer qui pourrait a lui seul me refaire dégueuler. Je sens que ça va être une longue journée. Une très longue journée. Je ressors et vais m’allonger dans le salon vu que Romain aère la chambre « pour faire fuir les microbes » dixit Romain. De toute manière, être allongé sur le lit ou le canapé c’est du pareil au même. Sauf que dans un cas j’ai la télévision et dans l’autre non.

-            Tiens

Et hop, c’est parti pour le marathon des médicaments. Enfin, je ne vais pas me plaindre. En soi y a pas grand à prendre comparé à ce que je devrai prendre pour ralentir le sida. Juste des médicaments pour la maladie, des autres pour le système immunitaire et pour maintenir les CD4, encore des autres pour je ne sais plus quoi. Et selon, les résultats de la prise de sang, il faudra rajouter ceux pour diminuer la charge virale si elle vient à augmenter. Et en complément, des vitamines. En soi, un bon cocktail.

 

Une heure après avoir pris les médicaments, même pas, je m’endors. C’est Romain qui me réveille à midi pour prendre mes médicaments.

-            Tu vois pourquoi j’ai pris congé ?

-            Si je dors, c’est à cause des médicaments. Sinon, je pourrai prendre soin de moi tout seul.

-            Je vais te croire.

Je marmonne entre mes dents. Je ne lui dirai jamais qu’il a raison. Jamais. En attendant, j’avale difficilement les cachets et je vais m’installer à table. Fabuleux repas : biscottes beurrées et de l’eau. Ca donne envie. Mais en même je suis incapable d’avaler autre chose. Déjà juste ça, ça m’a pris un quart d’heure à manger. Et chose exceptionnelle, je n’ai pas du courir jusqu’à la toilette. Comme quoi, les médocs fonctionnent. C’est déjà ça. L’après-midi, passe tranquillement. Enfin, façon de parler vu que je suis avec la couverture que je m’amuse à enlever et remettre à chaque fois que j’ai chaud et froid. Je suis vraiment à plat. Patraque. Romain, lui, me tient compagnie dans le fauteuil devant la télé avec un feuilleton à l’eau de rose qu’on ne regarde que d’un œil. Entre moi qui somnole et Romain qui lit. Je ne comprends vraiment pas pourquoi il est resté, il doit s’ennuyer à mourir. Il m’aurait passé un coup de téléphone à midi pour que je prenne mes médicaments et c’était bon. Limite, il faisait un aller-retour rapide s’il voulait vraiment me les donner et être sûr que je les prenne.

-            Demain tu vas travailler

-            Tu veux pas que je reste ?

-            Tu t’ennuies comme un rat mort ! Et puis, si tu vas bosser tu risques moins d’attraper ce que j’ai.

-            Tu veux te débarrasser de moi ?

-            Ha c’est bon fait ce que tu veux ! SI tu veux te faire chier ici.

Et sur ce, direction… les toilettes. J’ai crié victoire trop vite. Je pensais qu’avec les médicaments, je n’aurais plus droit à ça mais apparemment je me suis trompé. Sur toute la ligne. La pauvre petite biscotte que j’avais dans l’estomac n’est plus. Au final, je me remets dans le lit et n’y bouge pas tant que Romain ne vient pas me chercher pour manger. Enfin, manger c’est un bien grand mot. A mon avis, je vais manger une tartine rôtie et basta. De toute manière je ne peux pas dire que je suis affamé, c’est tout le contraire. Je n’ai envie de rien. Mais je sais que je dois manger un peu. Ne fusse que pour ne pas vomir de la bile. Parce que ça, ça fait vraiment mal.

J’espère vraiment que je ne vais pas tirer ces microbes en longueur. Je n’ai pas envie de rester enfermer entre ces quatre murs. J’ai envie d’aller au bureau et de traiter mes dossiers et aussi aller féliciter Caith. Et puis rester à la maison et ne pas pouvoir profiter de Romain, à quoi ça sert ?

A suivre.

 

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Mensonges et conséquences: Chapitre 19 II

21 décembre 2010

-            Je suis beau ?

-            Ce n’est pas comme si tu devais plaire à quelqu’un d’autre que moi.

-            Justement, c’est pour toi.

-            On ne va que chez mes parents, Romain. Et puis tu serais toujours aussi beau avec des loques. Et nu tu serais magnifique.

Sur cette déclaration, Romain commence à enlever un à un ses vêtements. Pour se retrouver totalement nu. Et moi, tout habillé, tout apprêté. En un mot, je suis prêt à partir. Mais il se fait que j’ai le corps nu de mon homme devant les yeux et que comme je viens de lui dire c’est ce qui lui va le mieux. Il le sait et il en joue. Son petit sourire séduisant apparaît sur ses lèvres. Son boxer fini jeté à quelques centimètres de moi. Il va sur le lit tout en me regardant. Je ne perds rien du spectacle qu’il m’offre. Il remonte plus haut dans notre lit. Il écarte les jambes. Il est totalement offert. Rien que pour moi. Je m’avance tout en enlevant mes vêtements. Vêtements qui me quittent à une vitesse hallucinante.  Tant pis pour les plis, je prendrai d’autres vêtements.

-            On va vraiment être en retard.

Je sais que si on commence comme ça on va être à la bourre mais je ne peux pas ignorer le corps de Romain qui n’attend que moi. Je monte sur le lit et viens le surplomber de mon corps. Je ne perds pas de temps et plonge sur ses lèvres. Le baiser est telle une urgence. Un besoin impérieux.

-            J’espère que tes petites fesses sont prêtes à m’accueillir.

Il m’allume mais il va devoir en payer les conséquences. Mine de rien je ne perds pas de vue que nous devons aller manger chez mes parents. Ses jambes remontent pour venir s’enrouler autour de mes hanches. Il ondule pour venir frotter son sexe contre le mien. Le mien durcit un peu plus et le sien aussi. Je glisse tout de même ma main entre ses cuisses pour le préparer un minimum. Il enlève ses jambes et se retourne pour aller vers la commode avec mon doigt toujours en lui. Il en sort deux préservatifs. J’entre un second doigt et prend un préservatif de l’autre main. Je vois ses mains partir vers le bas de corps, il se protège. L’emballage vide reste abandonné sur le matelas. J’embrasse ses fesses avant de retirer mes doigts pour enfin habiller mon sexe de latex. Je retourne Romain pour l’avoir face à moi et voir le futur qu’il va prendre. Je prends ses jambes et pose le creux de ses genoux sur mes épaules.

-            Détends-toi, bébé.

En guise de réponse, il vient chercher mes lèvres. Il est parfaitement détendu. Je guide mon sexe vers son entrée et le pénètre doucement. Je veux lui éviter le maximum de douleur vu que je n’ai pas pu le préparer comme d’habitude. Ses lèvres ont quitté les miennes pour venir se cacher dans mon cou. J’entends son halètement sous ma pénétration. Je décide de rentrer en une fois et j’attends un peu. Je sens qu’il se détend. D’ailleurs, il recule son visage et se rallonge sur l’oreiller. Je bouge lentement dans un premier temps et quand je sens que son entrée est assez détendue pour y glisser sans réticence, je ressors et y rentre aussitôt. Je recommence. Des gémissements sortent de sa bouche. Avec le temps, je connais son corps par cœur mais je ne me lasse pas du spectacle. Ses bras sont autour de mon cou, sa tête rejetée en arrière, sa bouche légèrement ouverte, le rouge sur ses joues. Tout ça, fait que je me déhanche plus vite en lui, allant toucher ce point si sensible en lui. Je vais chercher sa bouche, mordille sa lèvre inférieure. Mes hanches ralentissent et s’arrêtent. Ma langue joue avec la sienne. Ses hanches remuent. Mes lèvres dévient sur la mâchoire et atteignent le cou qu’elles s’amusent à mal traiter.

-            Kyle…bouge

Et j’obéis. Mes  balancements reprennent. Je sors. J’entre. J’accélère. Je ne ralentis plus. Mes mouvements se font plus violents, plus saccadés. Les gémissements de Romain se sont transformés en cri qui résonnent dans la chambre et qui sont pour moi une douce mélodie. J’halète de plus en plus. Je sens la jouissance montée. Ma main part prendre le sexe de mon amant pour imprimer un certain rythme. Un rythme qui finit par s’accélérer quand je sans que je ne tiendrai plus très longtemps. Et si j’en juge par les tortillements de Romain sous moi  et par le sexe qui pulse entre mes doigts, il est plus que proche de la jouissance aussi. J’accélère un  peu plus si c’est possible et finis par jouir au même moment que Romain. Tout mon corps se relâche et je m’écroule sur lui dans un grand soupir.

-            Tu crois qu’on est en retard comment ?

Je sens sa tête bouger et se redresser légèrement pour regarder le réveil qui se trouve près du lit. J’aurai pu le faire moi-même mais ma tête se sent plus que bien dans son cou.

-            SI je te dis qu’on a pour l’instant un quart de retard, tu t’affoles ?

Il n’en fallait pas plus pour me redresser à la vitesse v-v prime. Je sors du corps de Romain, enlève le préservatif que je noue pour jeter à la poubelle.

-            Et merde, merde.

J’enfile mon boxer qui se trouve à au pied du lit et lance celui de Romain en même temps.

-            Mais bouge, on est plus qu’à la bourra là.

-            Mon cœur, tu vas pas te rendre au réveillon en sentant le sexe. Je doute que ce soit du plus bel effet.

-            Merde, et re-merde. C’est une heure de retard qu’on va avoir. Mon père va me tuer.

Un quart de retard, la douche, le trajet en voiture avec la neige sur la route. Si on pouvait limiter la casse à une heure de retard. Franchement, est-ce que ça se fait d’arriver avec presque, ou plus, d’une heure de retard pour le réveillon de Noël. Et puis, il faut absolument que je prenne une douche, enfin que nous prenions une douche. Je doute que la famille apprécie que nous venions réveillonner avec une odeur de musc sur nous.

-            Allez, bouge. Vient prendre ta douche. Faut qu’on se dépêche.

-            A tes ordres.

Aussitôt dit, aussitôt fait. En moins de deux, il est debout et me rejoint dans la salle de bain pour une douche à deux mais rapide. Très rapide. Un coup de savon, un passage sous le jet pour se rincer, sortir de la douche se sécher et un baiser rapide échanger tout de même. Pas de caresse, pas le temps. Une fois sec, je retourne dans la chambre pour prendre les vêtements que j’ai quitté quelques minutes plus. Je prends la chemise, toute chiffonnée.

-            Et merde. Je vais mettre quoi maintenant.

Romain entre dans la pièce et prends les vêtements qu’il avait préparé avant de me faire son strip-tease et qu’il avait mine de rien pris le temps de bien poser sur la chaise. Et moi, je rage car je ne peux décemment pas enfiler des vêtements si, si brouillons. Je regarde ce que je pourrais mettre mais je suis incertain.

-            On est de plus en plus en retard…

-            OH, ça va tu m’aurais pas excité on serait déjà arrivé !!

Il s’approche de moi et se penche dans la garde de robe pour en ressortir un pantalon cintré foncé ainsi qu’une chemise cintrée grise foncée tirant légèrement sur le mauve j’ai l’impression et avec une doublure mauve. Je prends les vêtements qu’il me tend et les enfile sans poser de question mais je regarde tout de même le résultat final. Qui n’est pas mal ma foi. Pas mal du tout.

-            Ca te fait de belles fesses ce pantalon. Ca donne envie de les croquer.

-            Hé bien tu les croqueras quand on sera rentré, pas avant.

Je lui dis ça mais j’adore ça quand il me fait ces petites remarques. Ca montre que je lui plais même après quatre ans. Il se recule et retourne dans la salle de bain, sûrement pour discipliner un minimum ses cheveux. Je fais pareil mais en deux minutes montre en main je suis prêt.

-            Laisse tomber Romain, tu sais que ça donnera le même résultat !

-            Mais laisse-moi essayer !

-            On est déjà assez à la bourre comme ça. Allez, vient t’es beau comme ça.

Il sort enfin de là et met ses chaussures. Nous sommes prêts. Nous allons pouvoir enfin nous mettre en route. Comme je l’avais dis, ça fera une heure de retard. Au moment où Romain allait fermer la porte, je pense enfin au principal :

-            Attends, on a oublié les cadeaux.

Et nous rentrons pour mieux sortir les bras chargés de cadeaux à mettre sous le sapin familial.

OooooO

19h. Je suis toujours au bureau. Nous plaidons, Caith et moi, dans quatre jours et nous n’avons rien. Nous avons un client, un riche client, est malade, il a l’Alzheimer et son seul moyen de s’en sortir est d’utiliser un médicament qui est encore en test mais qui apparemment fait ses preuves. Toujours est-il que la cours n’a pas voulu lui accorder ce privilège et du coup, il a fait appel à nous. Sauf que pour l’instant à part jouer sur la corde sensible, nous n’avons rien. Alors, nous faisons des heures supplémentaires dans l’espoir de trouver quelque chose. La moindre petite chose qui pourrait faire la différence. Je veux bien que Caith et moi formions un duo de choc du cabinet mais de pour l’instant même avec le background et la tchatche que nous avons, quand on a rien, on a rien. Ca peut sembler très philosophique comme ça mais quand on n’a rien à part la corde sensible des juges, autant dire qu’on n’a rien. Tout dans mes réflexions, Caith entre en trombe dans mon bureau avec un grand sourire collé au visage.

-            Une jurisprudence est tombé y a pas longtemps. Un juge s’est prononcé favorablement pour la prescription d’un médicament en cours d’essai. J’ai trouvé !! Bon c’est dans un petit tribunal et tout mais c’est déjà ça.

-            Quel médicament ? C’était quoi comme medoc ‘ ?

-            Pas le même genre que nous mais le principe est là.

-            Oui c’est mieux que rien. Au moins on a un truc sur lequel bosser.

-            Je vais y aller, Bastien doit m’attendre et doit sûrement s’impatienter.

-            Je vais rester encore un peu pour lire la jurisprudence que tu as trouvé.

-            Ne traîne pas trop il est passé 19h et je suis que Romain t’attend. Allez, à demain et bonne soirée.

-            Toi aussi.

Caith quitte le bureau, quitte le cabinet et le silence prend place. Je prends le dossier que Caith avait déposé sur son bureau et me met à le lire. Au fil de lecture, je vois de quelle manière je vais plaider. La logique veut que tout se passe bien le jour de l’audience, si je m’y prends de cette manière, l’affaire est dans la poche. Je ferme le dossier et m’étends en étouffant un bâillement. Je suis confiant pour l’affaire, on va gagner, j’en suis sûr. Je regarde ma montre. Déjà 20h40. Romain va me tuer. Encore une soirée qu’il passe seul. Ce n’est jamais que la deuxième de la semaine et nous ne sommes que mercredi. Enfin, je me rattraperai, je me ferai pardonner. Allez, en partant tout de suite et en me dépêchant je serai à la maison pour 21h. Je me dépêche, je ferme le bureau et souhaite une bonne soirée au gardien qui me salue à son tour. J’entre dans la voiture, démarre et file. Vingt minutes plus tard, je suis enfin garé dans l’allée. Bizarre, pas de lumière. Il serait déjà parti dormi sans m’attendre ? Il doit vraiment être fâché contre moi. Je mets la clé dans la serrure et la maison est bel est bien plongée dans le noir si j’excepte les bougies allumées dans le salon. J’enlève mon manteau et pose ma mallette et j’entre dans le salon. Romain est dans le fauteuil un verre de vin dans la main. Mais surtout, il a un regard noir posé sur moi. Qu’est-ce que j’ai oublié ? Il y avait quelque chose aujourd’hui ? Quoi ? J’ai beau chercher je ne vois pas. Et puis on est quel date ? Il n’y a pas d’anniversaire ce mois-ci, donc ce n’est pas ça.

-            Tu cherches mais tu ne trouves pas ? C’est ça ?

-            Je… Non je trouve pas ce que j’ai oublié.

Romain se lève et va dans la cuisine. Il rince son verre dans l’évier et l’y dépose.

-            On est quelle date aujourd’hui ?

Voilà. Alors… Je réfléchis le procès à lieu le 19. C’est un lundi. Donc, comme nous sommes mercredi de la semaine précédente. Je remonte donc de cinq jours.

-            Le 14. Mais, il n’y a rien le 14.

Ses yeux se rétrécissent encore un peu plus. Bon, il y a quelque chose le 14. Mais ça ne m’empêche pas de ne pas savoir. Je ne vois vraiment pas. Et d’après, le regard qu’il me lance, j’ai plutôt intérêt à trouver rapidement.

-            On est quel mois Kyle ?

-            Euh… Février

Et là, la pièce tombe. Enfin, me direz-vous. 14 février. Saint-Valentin. Sauf qu’on n’a jamais fêté la Saint-Valentin. Aucun de nous n’aime particulièrement ce jour. On n’a pas besoin que notre chère société de consommation nous dise que ce jour là nous devons nous montrer notre amour en nous offrant des cadeaux.

-            Romain, on fête jamais la Saint-Valentin.

-            Mais qui a parlé de fêter la Saint-Valentin ?

-            Bah, on est le 14 février. Tu as mis des bougies, débouchés une bonne bouteille. C’est pour la Saint-Valentin non ?

-            On n’a jamais fêter la Saint-Valentin, Kyle.

Mais si ce n’est pas la Saint-Valentin, qu’est-ce que c’est. Je veux bien essayez de jouer aux devinettes mais je n’ai absolument aucun idée ce que nous devions faire.

-            Depuis combien de temps n’a-t-on pas fait l’amour ?

-            Un mois, Kyle. Un mois.

-            Ha oui, un mois.

-            Et tu n’as toujours pas retrouvé la mémoire ?

Je secoue la tête pour atténuer la réponse. J’ai l’impression que si je disais tout haut «non » que ce serait encore pire. Mais je commence à réellement me poser des questions. Pourquoi suis-je le seul de la pièce à ne pas me rappeler de cette soirée qui était prévue. Et apparemment cela à un rapport avec le fait que nous nous ne soyons pas envoyé en l’air depuis un long moment. D’habitude, la période d’abstinence durait au grand maximum une semaine et encore. Mais là un mois. C’est beaucoup. En même temps, rien n’a joué en notre faveur. D’abord, j’ai été malade. Pour la première fois en quatre ans. Mis à part un petit rhume, j’ai réussi à éviter les grippe, les pharyngites, j’en passe et des meilleures. Mais cette année, pour l’hiver je n’ai pas pu échapper à la grippe. Mon médecin m’a prescris un traitement approprié et je ne retourne faire des analyse pour contrôler le système immunitaire. Bref cette grippe m’a mis chaos pendant deux semaines. Laps de temps assez court, je trouve. Mais bien sûr quand je suis retourné bosser, le boulot c’était accumuler. Et il a fallut rattraper. Soit j’ai fais plusieurs fois des heures supplémentaires. Et quand je rentrais j’étais bien trop crevé que pour baiser. Du coup, l’abstinence c’est prolongée. Bref, je ne vois toujours pas le pourquoi de cette soirée.

-            Tu m’énerves Kyle.

Je ne dis rien. Je laisse couler. Surtout je ne dois pas réagir sinon je vais envenimer les choses et ça va mal finir. On n’a jamais eu de dispute pour ainsi dire. Oui, on a eu quelques accrochages, surtout quand nous avons emménagé mais rien de bien grave. Mais aujourd’hui, quelque chose me dit que si je dis un mot de travers, ça va péter. Et j’ai tout sauf envie de me prendre la tête ce soir. Ni les autres soirs d’ailleurs.

-            On avait convenu qu’on passait la soirée ENSEMBLE aujourd’hui. Que tu allais revenir tôt exprès et moi avec. Que nous allions diner ENSEMBLE. Et que nous ferions l’amour ENSEMBLE.

-            Juuuuste. Je suis désolé Romain, ça m’ait sorti de la tête. Caith a trouvé une jurisprudence

-            Et on a dit qu’on ne parlerait pas boulot ce soir !

Il est fâché. Et je le comprends. Qui ne le serait pas ? Pendant deux semaines, je ressemblais plus à un mort vivant qu’autre chose. Et les deux suivantes nous nous croisions à peine. Je me levais qu’il partait travailler et je rentrais qu’il dormait sur le divan. Autant dire que nous n’avons pas beaucoup discuté non plus car quand je rentrais je mangeais, seul, je me lavais, seul, et j’allais dormir. J’ai eu beau reprendre la semaine de travail la semaine dernière, ma grippe avait laissé des traces. Tout ça pour en arriver là : je n’ai pas entendu quand il m’a parlé de cette soirée retrouvaille. Je ne peux pas lui dire ça. Il va vraiment me tuer. Mais en même temps si je ne dis rien, ça risque d’être pire.

-            Je savais que tu m’avais pas écouté et que tu m’avais dit oui pour me faire plaisir.

Et bien voilà, il me connait mieux que moi-même. Je n’ai pas eu besoin de parler qu’il a compris tout seul ce qu’il c’était passé. En même temps, je ne vois pas pourquoi je ne l’aurai pas écouter. A moins que j’étais plongé dans le dossier. Oui, parce que si je revenais tôt je prenais le dossier avec moi et je travaillais à la maison. Oui, je sais ce n’est pas du tout l’idéal quand on n’a pas fait l’amour depuis trois semaines.

-            En même temps, tu devais sûrement en train de tomber endormis.

-            Je suis désolé Romain. Je ne me rappelle vraiment pas de ça. Me regarde pas comme ça , je suis franc. Et tu sais que si je l’avais entendu, je serai rentré bien plus tôt. Mais tu aurais pu m’appeler.

-            Je t’ai appelé.

Par automatisme, je prends mon téléphone et constate que je n’ai plus de batterie. Tout est contre moi.

-            Et pourquoi tu n’as pas essayé le bureau ?

-            Je n’avais pas envie.

-            D’accord.

Je m’approche de lui, lui caresse la joue de main et embrasse chastement ses lèvres.

-            Je suis vraiment désolé amour. Vraiment.

-            Je sais. Tant pis, c’est pas grave.

-            On va réchauffer les plats et on va passer le reste de la soirée ensemble. On va manger ensemble. On parlera ensemble mais on parlera pas boulot. Et on fera l’amour. Et demain, on traînera  un peu plus tard au lit avant d’aller bosser. D’accord ?

-            Mmmm. Je suis en congé demain.

-            Je peux prendre congé mais je partirai plus tard et je rentrerai plus tôt. Et j’oublierai pas.

Il esquisse un petit sourire et me dit de m’installer qu’il va chercher les plats. Il me pardonne. Il comprend que ce n’est pas entièrement ma faute. Je m’en veux vraiment de ne pas avoir entendu mais je me rattraperai. Je me rattraperai déjà ce soir en lui faisant l’amour et les autres jours de la semaine.

A Suivre.

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MEC : Chapitre 19 – 1ère partie

6 novembre 2010

-            Merde même quand on croit que ça monte plus, ça monte encore. C’est quand qu’on descend enfin ?

Nous sommes à l’ombre mais j’ai chaud. C’est parce que ça monte. Et lui, il est devant et monte comme si de rien n’était. Je ne profite pas plus que cela de voir son petit cul se dandiner. Non, je crève sur place. Il se retourne vers moi et me sourit. A part ses joues rouges, on ne dirait pas qu’il est en train de fournir un effort.

-            On est bientôt au-dessus.

-            C’est ce que tu as déjà dis tout à l’heure. Et ça monte encore.

-            Non mais là, on y est presque. Allez, viens.

-            Et quoi ?

-            Quoi et quoi ?

-            Et j’aurai quoi si j’arrive jusqu’à toi ?

-            Tu auras la descente en récompense. Et estimes-toi heureux car si on était parti plus tard, tu serais en train de te plaindre en plein soleil.

Et monsieur se retourne pour continuer à sa progression. Il ne m’attend pas. Je préfère m’asseoir sur un gros caillou et récupérer mon souffle. Je bois un coup à la gourde. Il faudrait que je reparte mais je n’en ai pas la force. Rien qu’à savoir que l’on doit encore monter, ne me donne vraiment, mais alors vraiment pas envie. Pour finir, je me mets en route sinon Romain est capable de continuer sans moi et moi, je me perdrai pendant que monsieur regagne la voiture.

-            Romain ? Romain t’es loin ?

Pas de réponse. Je commence à avoir peur. Mon imagination tourne à plein régime. Et s’il était tombé, s’était cogné et avait perdu connaissance. Ou pire, s’il était tombé dans le ravin.

-            Romain ? Romain ?

Je me sens pousser des ailes. Et je monte. J’enjambe les pierres. J’esquive les branches. Si je pouvais courir je pense que je le ferai mais le chemin ne s’y prête absolument pas. Lorsque j’arrive au-dessus, je le vois en train de regarder la vue. Le con. Je m’inquiète et monsieur admire le paysage. Paysage que je dois admettre est magnifique.

-            Non mais tu sais pas répondre quand je t’appelle ?

-            J’ai rien entendu Kyle.

-            Je m’inquiétais. Je pensais qu’il t’était arrivé quelque chose.

-            Au moins tu es arrivé au-dessus comme ça.

Il me fait un petit clin d’œil. C’est vrai que ça m’a fait monter plus vite que prévu mais de là à … J’efface mes reproches et vais entourer sa taille de mes bras.

-            La vue est superbe. Par contre, je pense que je vais te garder loin de moi parce que tu colles.

-            Et toi, tu ne sens pas la rose, si tu vois ce je veux dire Kyle.

Je dépose un baiser sur sa joue, je le libère et je me mets en route. Ca descend enfin. Je préfère. Au contraire de Romain qui se fait plus prudent et du coup plus lent. Mais je ne dis rien. J’ai juste envie d’arriver le plus vite possible, de prendre une bonne douche et de m’allonger aussi.

-            Attends Kyle. Le garde m’a dit que si on bifurquait ici quelque part, il y avait une piscine naturelle. Ca te tente ?

-            Je tuerai pour me rafraîchir.

Romain me montre un plan avec  une croix. Ca doit être l’endroit de la piscine naturelle. Il faut s’éloigner du chemin “balisé”. Nous ne devrions pas nous perdre.

-            On va prendre par ici comme ça on tombera dessus en descendant. Allez vient.

Je pousse une branche pour que nous puissions passer. Au bout de même pas dix minutes de marches je commence à attendre de l’eau couler.

-            Kyle, tu veux bien m’attendre !

-            Ha, c’est toi qui ne suis plus maintenant. Ben je vais continuer, je t’attends dans l’eau.

Ce n’est pas méchamment mais m’a-t-il attendu lui tout à l’heure ? Un petit cent mètres et je découvre la piscine naturelle exposée au soleil pour l’instant. Au moins l’eau ne sera trop froide. Je pose mon sac sur un rocher et m’assied à même le sol. La première chose que je fais est d’enlever mes chaussures de marche et de mettre mes pieds nus dans l’eau. Froide, très froide. Le contraste entre la température de mon corps et celle de l’eau est trop grand mais qu’est-ce que ça fait du bien.  Je finis tout de même par les enlever de l’eau avant qu’ils ne s’engourdissent.

-            Rooooomain.

Aucune réponse. Je tends l’oreille et n’entends aucun bruit de pas. Je me relève en faisant attention où je place mes pieds, autant pour éviter de glisser que de me faire mal sur un caillou ou autre. Je me retourne et sursaute en voyant Romain appuyer contre un arbre et regarder dans ma direction.

-            Merde, pourquoi t’as pas répondu ?!

Un sourire orne son visage. Il est adossé à l’arbre, les bras croisés et il a un petit sourire. Il finit par se redresser et pose son sac à dos à terre.

-            Je voulais voir après combien de temps tu allais t’inquiéter.

-            Ha, et j’ai tenu combien de temps ?

-            Dix minutes. C’est beaucoup.

Il fait une petite moue adorable qui ferait en culpabilisé plus d’un mais pas moi, je suis rôdé avec lui. Il s’avance et s’assoit sur la pierre sur laquelle j’étais assis il y a à peine deux minutes pour enlèver à son tour ses chaussures. Sauf qu’il enlève en plus sont tee-shirt, son short.

-            Tu crois qu’il y a beaucoup de gens qui viennent ici ?

-            Si je compte le nombre de personne qu’on a croisé sur le chemin, je dirai personne.

-            Il me semblait bien.

Et sur cette dernière parole il enlève son boxer et commence  à rentrer dans l’eau. D’une traite. Je me demande comment il fait parce que l’eau est vraiment froide. Il se tape dans l’eau et commence à nager. Je le regarde mais je ne bouge pas. Je le regarde évoluer dans l’eau. L’eau est claire et elle me permet de voir son corps nu se mouvoir.  Autant que le spectacle est très beaux pour mes yeux.

-            Tu me rejoins pas ?

-            Pas sûr que j’arrive à rentrer dedans.

Je me déshabille à mon tour et remet mes pieds dans l’eau. Un frisson traverse mon dos sous l’action de l’eau froide. Plus je m’avance, plus je trouve que l’eau est glacée.

-            Mais comment tu fais c’est glacé Romain.

-            Tu te tapes dedans d’un coup et tu bouges. Allez vient ça fait du bien et ça rafraîchit.

-            Ca pour le coup ça rafraîchit !

Je mets en application le conseil de monsieur et vais d’une traite dans l’eau.

-            Putain c’est froid !

-            Allez nage, ça ira mieux après.

Et voilà comment je me retrouve à bouger tout mon corps pour avoir un semblant de chaleur. En fait on dirait un vrai débile qui ne sait pas nager. Je finis par rejoindre Romain qui continue de nager un peu. Je le dépasse et  vais vers un large rocher plat qui est exposé au soleil et je me hisse dessus. Je m’allonge et prends les rayons de soleil que celui-ci me donne. Et ça fait un bien fou. Je ferme les yeux et fais le plein d’UV. J’entends Romain barboter dans l’eau  près du rocher où je me trouve. Puis, plus rien. Avant de sentir une masse froide s’affaler sur moi.

-            Haaa Romain mais dégage.

Et il se marre comme un bienheureux, fier de son coup de gamin.

-            Non, mais t’es con, t’es glacé.

-            Oui et toi tu es chaud donc je viens près de la source chaude.

Je tends les mains pour maintenir son corps loin de moi. J’ai tout sauf envie de sentir un corps glacé contre le mien. Les rayons du soleil me suffisent amplement. Même si je ne serais pas contre d’avoir son corps nu contre le mien.

-            Et bien réchauffe-toi au soleil d’abord et puis on en reparle. Je suis pas ta bouillote.

-            T’es pas marrant, Kyle

Il laisse tomber et se couche. Comme je vois qu’il ne réitèrera pas sa tentative d’approche, je me couche à mon tour. Je tourne ma tête vers lui, je le détaille. Il est magnifique avec ses cheveux mouillé qui collent à son visage. Son corps bronzé par la première semaine qu’on vient de passer au soleil. La marque de son maillot. Sa fine musculature. Son…

-            Tu aimes ce que tu vois ?

Je pose ma main sur son torse et en sentant que celui-ci n’est plus froid mais juste frais, je me rapproche et viens poser ma tête sur son torse.

-            Tu le sais très bien, idiot.

Je me mets à caresser son torse alors que ses bras se resserrent sur moi. Aucun de nous ne parle. Nous profitons du calme qui nous entoure. Un calme auquel nous n’avions plus eu droit depuis un bon moment avant nos vacances. Ses journées à lui étaient bien remplies mais les miennes encore plus. Je revenais à des heures pas possibles et du coup nous ne nous sommes pas vu beaucoup. Avant de partir en vacance, cela faisait une semaine et demie que nous nous n’étions pas vu. J’avais un dur procès à plaider avec Caith et par conséquent nous n’avons pas compté les heures supplémentaires. Un moment, j’ai vraiment cru que j’allais devoir annuler les vacances ou du moins les reportées de quelques jours mais pour finir le procès s’est fini à temps. Juste à temps. Juste le temps de faire ma valise, d’avoir une bonne nuit de sommeil et d’aller chercher Romain chez lui pour partir direction le soleil.

-            Tu crois qu’il va falloir combien de temps pour descendre ?

-            Une heure ? Une heure et demie ?

Je calcule. Une heure de descente. Il faudrait peut-être penser à se mettre en route. Que nous soyons rentrés pour le début d’après-midi et que nous puissions passer la journée à la plage.

-            On devrait bouger alors.

Je me redresse et à la place de passer par l’eau, je contourne l’étendue glacée par les pierres. Je n’ai aucune envie de mettre mes vêtements sur ma peau mouillée. Romain me suit et nous nous rhabillions pour repartir aussi vite.

OoooO

-            Ca va à l’étage et ça dans le salon. Faites attention, fait écrit fragile dessus !!!

Romain a eu une urgence ce matin. Du coup, je me retrouve seul. Mais il ne devrait plus tarder. Il m’a dit que c’était l’affaire de deux, trois heures. En attendant, je gère seul les déménageurs. Et oui, nous avons décidé d’habiter ensemble. Les vacances s’étant bien déroulées, aucun de nous n’était mort durant la cohabitation des deux semaines, nous nous sommes dis pourquoi nous ne tenterions pas le coup. Il est vrai que je logeais encore chez parents, je n’avais pas envie de chercher un petit appartement et puis je n’avais pas trop le temps. Et puis, j’essayais toujours de passer la moitié de mon temps chez Romain. En gros, je n’étais à la maison familiale que pour souper et dormir un jour sur deux. Alors, le temps de chercher une maison habitable, pas trop loin de nos boulots respectifs et nous voilà arriver le jour J. Les déménageurs viennent d’arriver. Ils ont presque une heure de retard mais ils ont de la chance, j’ai pris congé aujourd’hui donc je ne râle pas.  Aujourd’hui, j’ai le temps. Juste aujourd’hui pour aménager au mieux notre chez nous.

-            Non mais faites attention !! C’est fragile !!!

Bon je ne râle peut-être pas mais je crie. Mais vous avez déjà vu des brutes pareilles ? Il fait écrit en grand fragile mais ils balancent ça comme si c’était renforcé à renfort de mousse pour parer tous les chocs. Non, il n’y que du papier journal en guise de protection.

-            Non, non ce carton c’est dans la cuisine.

Je ne bouge pas du corridor. Je suis celui qui dirige les opérations.  Je supervise. Comme dirait Romain l’inspecteur des travaux finis.

-            Je suis là.

Il est tout essoufflé. Il a dû courir pour être là plus rapidement. Il dépose sa mallette de médecin par terre et vient pose un baiser sur ma bouche.

-            Tout se passe bien ?

-            Ils sont là depuis un quart d’heure. Ils ont une heure de retard sur le programme. Et j’ai l’impression qu’on va retrouver tout cassé dans les caisses.

-            Mais non, ils savent ce qu’ils font.

-            Ecoutez vot’ copain, on sait c’qu’on fait.

Romain rigole et me fait un grand sourire. Une demi-heure plus tard le camion est vide de carton. Il ne reste qu’à décharger le salon et la salle à manger. Le travail pour de vrais professionnels. Alors avant qu’ils ne commencent ce travail, Romain et moi, nous leurs préparons des rafraîchissements et quelques trucs à grignoter. Un peu plus d’une heure et tout est là. Les meubles de la maison sont en place.  Les déménageurs sont partis et Romain et moi sommes vautrés dans le fauteuil. Pourtant nous ne sommes pas ceux qui avons fait le plus de travail ou du moins le plus dur physiquement.

-            Je suis déjà fatigué rien que d’penser à ce qui nous attend.

-            Tu veux qu’on se détende avant de commencer le plus gros ?

Rien qu’à son sourire pervers, je sais déjà ce qu’il veut. Je ne dirai pas non. Mais non. Si nous commençons comme ça, pas sûr que nous ayons envie de faire autre chose. Enfin, pas sûr que j’ai envie de faire autre chose. Etre en lui me procure toujours autant de plaisir et je ne demande qu’à recommencer dès que j’en ai l’occasion. Et oui, plus de blocage quand je veux lui faire l’amour. Ca a prit du temps pour que mon subconscient comprenne qu’il n’y avait pas de risque si c’était fait dans les règles de l’art mais maintenant que je n’ai plus de problème, je ne me lasse pas de lui faire l’amour. Tellement qu’il lui arrive de se plaindre parce qu’il veut prendre le dessus.

-            Si on commence comme ça, pas sûr que je m’arrête, bébé

-            Qui te demande de t’arrêter ?

-            Les cartons ne vont pas se vider tout seul. Et puis, promis on baptise toute les pièces de la maison quand s’est fait.

-            T’es pas marrant.

-            Fallait pas inviter mes parents pour dans trois jours alors.

Oui, parce que monsieur a trouvé que ce serait une bonne idée d’inviter mes parents à manger à la maison. Sauf que monsieur a prévu le dîner pour dans trois jours. Et en comptant que je reprends le travail demain et que lui non plus n’a pas pris de congé, il va falloir abattre le plus gros du travail aujourd’hui. Mine de rien, je ne voudrai pas recevoir mes parents parmi les cartons. Surtout que si ma mère voit ça, elle va vouloir s’en mêler et je ne veux pas. J’ai déjà eu du mal à lui dire qu’on avait besoin de personne pour emménager. Je pars du principe que c’est le chez-moi de Romain et moi, que c’est à nous de l’accommoder comme on le sent et avec ma mère qui veut toujours mettre son grain de sel partout, c’était foutu d’avance.

-            Allez alors Kyle, debout. Qu’est-ce que tu attends ?

Et voilà, il est déjà debout avec son grand sourire à me faire croire que je trainasse. Je secoue la tête, soupire un bon coup et me lève.

-            Tu t’occupes des cartons de la cuisine et je fais ceux de la salle à manger pour commencer.

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